« Le label s’imposera vraiment comme une référence crédible et désirée, quand le simple fait de ne pas l’avoir pour une entreprise deviendra un handicap concurrentiel et social aux yeux de ses clients, de ses salariés, et de l’ensemble de ses partenaires »
Philippe Andrès a participé au comité de pilotage qui a rédigé le label RSE Cap Expérience. Avec son regard d’outre-Atlantique, il apporte dans cet entretien une lecture à la fois stratégique et très opérationnelle du bien vieillir en entreprise, de la place des seniors dans les organisations et des conditions nécessaires pour faire de ce label une véritable référence.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous associer à ce dispositif et de participer à la rédaction du référentiel ?
Je considère que l’emploi des seniors est une problématique essentielle, en France en particulier. On ne peut pas simultanément vouloir reculer l’âge de départ en retraite, pour des raisons démographiques et de financement, et s’accommoder d’un large chômage des seniors, ou pour le moins de leur mise à l’écart au sein des entreprises, des années avant leur départ en retraite. Aussi la démarche RSE visant à certifier des entreprises qui mettent en place des actions visant à pleinement associer et faire contribuer leurs employés seniors au succès de leurs activités, m’a plût d’emblée.
Comment avez-vous trouvé les échanges et les discussions pendant les comités de pilotage ?
Très ouvertes, très intéressantes et très bien orientées sur le sujet à traiter. J’ai aussi apprécié le fait que le comité de pilotage se soit beaucoup attaché à ce que la démarche soit très opérationnelle, pouvant conduire à des plans d’actions très concrets, réalisables à court/moyen terme, et ne soit pas qu’un simple catalogue de recommandations déconnectés de la réalité des entreprises.
Avec votre regard, qu’est-ce que vous retenez de plus fort dans le référentiel ?
Sans être totalement exhaustif sur un sujet aussi complexe, le référentiel balaye l’essentiel de la problématique du bien vieillir en entreprise et offre aux entreprises une solution concrète pour établir un contrat social gagnant-gagnant entre elles et leurs seniors.
Selon vous, qu’est-ce qui va bien fonctionner sur le terrain… et qu’est-ce qui pourrait coincer un peu ?
On sait bien que dans les entreprises françaises, tout part de la tête. Donc ce qui fonctionnera bien est ce qui sera réellement partagé et impulsé par les dirigeants et leurs comités de direction. C’est donc à eux de décider leurs priorités d’actions en fonction de leurs situations de départ et des budgets qu’ils peuvent y associer. Ce qui marchera ou ne marchera pas ne dépend pas du contenu du référentiel, très concret et opérationnel, mais de la motivation et de` l’implication des comités de direction au sein des entreprises.
D’après vous, qu’est-ce qui ferait que ce label soit vraiment pris au sérieux et devienne une référence, plutôt qu’un label de plus ?
Il y a bien sûr la vitesse d’adoption et de mise en oeuvre de ce nouveau label par les entreprises déjà les plus en pointe sur les démarches RSE.
Mais au delà de ces “early adopters”, le label s’imposera vraiment comme une référence crédible et désirée, quand le simple fait de ne pas l’avoir pour une entreprise deviendra un handicap concurrentiel et social aux yeux de ses clients, de ses salariés, et de l’ensemble de ses partenaires.
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