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Entretien avec Charles Dogbe, fondateur de Résidomia Immobilier Afrique

Charles Dogbe

«Nous participons à un changement profond porté par la diaspora africaine et la RSE»

Avec Résidomia, Charles Dogbe a créé une plateforme qui connecte la diaspora africaine et les nationaux aux meilleures opportunités d’investissement. Plus qu’un moteur de recherche, Résidomia agit comme un intermédiaire de confiance, en sélectionnant promoteurs et banques fiables. Son approche disruptive intègre la RSE dès la conception des projets et ouvre l’accès à la propriété grâce à des solutions solidaires. Résidomia incarne ainsi une nouvelle manière d’investir en Afrique : responsable, inclusive et tournée vers l’avenir

Charles, votre parcours dans l’immobilier est atypique. Comment est née l’idée de Résidomia ?

Cela fait maintenant une quinzaine d’années que je travaille dans l’immobilier. Au départ, je me suis intéressé aux Africains de la diaspora qui voulaient investir en Europe. Mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait un besoin beaucoup plus fort dans l’autre sens : diaspora → Afrique. Aujourd’hui, environ 70 % de notre activité concerne des Africains de la diaspora qui veulent investir dans leur pays d’origine.

Concrètement, quel rôle joue Résidomia ?

Résidomia est une plateforme qui agit comme un véritable intermédiaire de confiance. Nous connectons les investisseurs aux promoteurs et aux banques fiables. Nous avons développé un label de qualité et de confiance pour garantir la sécurité et la transparence des projets. C’est ce qui fait que les investisseurs de la diaspora nous considèrent comme un tiers de confiance indispensable.

En quoi votre approche est-elle différente des pratiques traditionnelles du marché ?

Nous avons voulu rompre avec les habitudes. Au lieu de simplement commercialiser des projets déjà existants, nous travaillons en amont avec les promoteurs pour concevoir des programmes adaptés aux besoins réels de la clientèle. C’est une logique disruptive : nous changeons les mentalités des acteurs locaux, nous formons les promoteurs et nous imposons des standards internationaux. Cela oblige tout l’écosystème à élever son niveau d’exigence.

 Vous parlez souvent de solutions solidaires. De quoi s’agit-il ?

En Afrique, beaucoup de personnes — artisans, commerçants — sont considérées comme non-bankables. Nous avons mis en place une coopérative (Coop Habitat Solidaire) qui leur permet d’épargner progressivement via des systèmes de paiement mobiles. Avec ces épargnes, et grâce à des garanties négociées avec les banques, ils peuvent devenir propriétaires. C’est une autre manière de démocratiser l’accès à l’immobilier, en s’appuyant sur des innovations locales comme Orange Money, qui a changé la donne pour les paiements.

 Est-ce aussi un projet porteur de responsabilité sociétale (RSE) ?

Tout à fait. La RSE est un axe de plus en plus important en Afrique. Elle est d’abord poussée par les investisseurs financiers qui conditionnent leurs prêts aux projets responsables, mais aussi par la diaspora qui vit dans un environnement où ces valeurs sont incontournables. Aujourd’hui, nous voyons même une demande croissante de la part des nationaux africains, très connectés aux débats internationaux via les réseaux et les médias. Résidomia est au cœur de cette transformation : nous ne vendons pas seulement des logements, nous participons à un changement de mentalité.

En résumé, Résidomia n’est pas seulement une plateforme immobilière…

Exactement. Nous sommes un acteur à 360 degrés : une place de marché immobilière, un organisme de formation des promoteurs, un créateur de solutions solidaires, et surtout un catalyseur de confiance. Notre ambition est d’accompagner cette mutation de l’Afrique en montrant que le continent peut inventer ses propres modèles, parfois même en avance sur le reste du monde.