« L’engagement territorial est un pilier essentiel de la RSE »
À l’heure où la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) s’impose comme un enjeu stratégique incontournable, comment distinguer une véritable démarche d’un simple affichage marketing ? Quels sont les bénéfices concrets d’une certification ou d’une labellisation RSE ? Et comment intégrer efficacement l’engagement territorial dans cette dynamique ? Alain Jounot, directeur du département RSE au sein du Groupe AFNOR, répond à nos questions et partage son expertise sur ces sujets clés, au croisement de la performance économique, de l’éthique et de l’innovation.
En tant que directeur du département RSE au sein du Groupe AFNOR, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre mission aujourd’hui ?
Bien sûr. Mon rôle est d’accompagner les entreprises et les organisations dans l’intégration de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) à leur stratégie. Il ne s’agit pas seulement de cocher des cases, mais de s’inscrire dans une démarche crédible et robuste, en s’appuyant sur des standards reconnus comme l’ISO 26000 ou d’autres référentiels internationaux.
La certification/labellisation RSE devient un enjeu majeur. Qu’est-ce qui distingue une démarche authentique d’un simple affichage marketing ?
L’authenticité repose sur trois piliers : l’engagement réel des dirigeants, la structuration des pratiques et l’évaluation indépendante. Une labellisation repose sur des critères objectifs et mesurables, évalués par un organisme tiers comme AFNOR Certification. Sans cet audit externe sur site, on reste dans l’autodéclaration, ce qui ne garantit ni la fiabilité ni la transparence.
Quels sont les bénéfices concrets pour une entreprise qui s’engage dans une démarche de certification/labellisation RSE ?
Il y en a plusieurs. D’abord, une meilleure gestion des risques, notamment réglementaires et réputationnels. Ensuite, un atout en matière d’attractivité, aussi bien pour les talents que pour les investisseurs et clients. Enfin, une performance économique accrue : les entreprises engagées en RSE sont souvent plus résilientes et innovantes.
Vous intervenez dans de nombreux secteurs. Avez-vous observé une évolution récente des attentes en matière de RSE ?
Absolument. Il y a une accélération sous l’effet des réglementations, comme la directive CSRD en Europe, mais aussi des exigences des parties prenantes. Les labels sectoriels se multiplient et les entreprises comprennent que la RSE est un facteur de différenciation stratégique, et non une contrainte subie.
Je voudrais revenir sur la notion d’engagement territorial qui est au cœur du projet de FJ-SLA Consultants. Comment les entreprises peuvent-elles intégrer cet aspect dans leur démarche RSE ?
L’engagement territorial est un pilier essentiel de la RSE telle que nous l’avons structurée dans le référentiel « Engagé RSE ». Cela consiste pour une entreprise à s’ancrer dans son environnement local, en prenant en compte les spécificités et les besoins du territoire où elle opère. Cela passe par des partenariats avec des acteurs locaux, le soutien à des initiatives communautaires, ou encore la valorisation des ressources locales. Une telle approche renforce les liens avec les parties prenantes locales et contribue au développement durable d’un territoire.
En tant que personne référence en matière de RSE, quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui souhaitent s’engager dans une démarche responsable et durable ?
Je leur dirais d’abord d’éviter le « greenwashing » et de s’appuyer sur des standards reconnus comme la norme ISO 26000. Ensuite, de travailler avec des experts et des organismes tiers pour structurer leur démarche. Enfin, de voir la RSE comme un levier de transformation et de performance, et non comme une simple obligation.
Un dernier mot pour conclure ?
Oui : aujourd’hui la RSE n’est plus une option, c’est une nécessité. Ceux qui prennent le virage aujourd’hui seront les leaders de demain.

