« Actuellement, j’ai donc 45 ou 47 ans selon le calendrier utilisé »
Bonjour Moon, pourrais-tu te présenter ?
Je suis Moonjin Kang, réalisatrice coréenne pour TVN. Je suis née en Corée du Sud, le 21 juillet 1979. Mais mon âge varie selon les systèmes de calcul : en Corée, on ajoute généralement un an (voire deux) au début de la vie. Actuellement, j’ai donc 45 ou 47 ans selon le calendrier utilisé. Après l’université à Busan, vers 25 ans, je suis partie vivre et travailler à Séoul.
Pendant environ 15 ans, j’ai travaillé pour la chaîne de télévision officielle coréenne. Mon travail consistait principalement à organiser la préparation des tournages, à contacter des personnes et, dans un rôle mêlé de productrice et réalisatrice, à écrire des scripts et des narrations (ces deux métiers sont mélangés en Corée).
Mon travail en Corée comportait une charge élevée et un stress important. J’étais toujours très occupée, sans beaucoup de vacances. Bien qu’indépendante, mes horaires étaient irréguliers, allant souvent jusqu’à minuit ou plus. Mes week-ends étaient souvent consacrés au travail de préparation, car les émissions continuaient.
C’est ce stress qui a déclenché mon besoin de changement.
Et donc, vers 40 ans, j’ai décidé de faire un voyage solo de 12 semaines à Nice par hasard, sans parler anglais ni français. Ce voyage a malheureusement été marqué par les attentats survenus à Nice. J’y suis quand même restée.
Après mon retour en Corée, ayant gouté la douceur de la vie en France, j’avais de plus en plus de mal à me concentrer. J’ai donc décidé de quitter mon travail pour apprendre le français pendant un an à l’université de Montpellier. Puis, je suis arrivée à Paris en septembre 2019, juste avant le Covid.
Aujourd’hui, après avoir obtenu un Master en cinéma audiovisuel à Paris, j’ai pu continuer à travailler pour mon équipe coréenne.
J’exerce toujours le même métier (préparation de tournages pour des émissions coréennes, y compris des documentaires, reportages et divertissements), mais dans un environnement moins stressant. En France, je ressens une plus grande liberté avec peu de concurrence (peu de personnes faisant ce métier parlent à la fois français et coréen).
Aujourd’hui, tu as donc 45 ou 47 ans, quel rapport entretiens-tu avec le fait de prendre de l’âge ?
J’ai commencé à ressentir les effets de l’âge il n’y a pas très longtemps, après 45 ans. Avant, je ne me souciais pas vraiment de mon âge. Après cet âge, j’ai commencé à ressentir une fatigue physique accrue et j’ai pris conscience de l’importance de mon alimentation. Je suis désormais très stricte sur mon hygiène de vie pour bien vieillir.
Et au sein de la chaine dans ta fonction en particulier ?
Dans mon travail actuel (pour l’équipe coréenne, mais depuis la France), je ne sens pas de regard différent lié à mon âge.
Cependant, il y a une tendance générale en Corée : de nombreux collègues et amis du même âge ayant le même métier ont déjà arrêté de travailler. Ceci est dû au fait qu’ils sont remplacés par des personnes plus jeunes.
Les entreprises en Corée préfèrent toujours les plus jeunes, car ils sont moins payés. L’économie est un facteur plus important, et les jeunes sont considérés comme plus dynamiques.
Moi, je suis un cas particulier car bien que je sois plus âgée, je travaille depuis la France, où il y a moins de concurrence. Ma maitrise du français et du coréen me donne un avantage car c’est rare.
Est-ce que vous diriez que cela fait partie d’une politique QVCT / RSE ?
Non je ne pense pas que ce soit une politique mise en œuvre en Corée du Sud ou alors, je n’en ai pas connaissance.
Si tu devais prodiguer des conseils aux plus jeunes et aux seniors qui nous lisent ?
Je dirais plusieurs choses :
- Le plus important, c’est se connaître et travailler sur soi. Avant de vivre en France, je n’avais jamais vraiment réfléchi à mes goûts, mon caractère ou à ce que j’aimais. Vivre en France m’a obligée à penser beaucoup à moi-même. J’ai découvert par exemple que j’aimais marcher, ce que je ne faisais jamais en Corée où je prenais toujours la voiture pour travailler ou sortir.
- Ensuite, je crois qu’il faut apprendre à bien écouter sans juger (éviter d’être « condé » qui signifie être démodé ou avoir une mentalité très old fashion) pour conserver une ouverture d’esprit. Car avec l’âge, il devient difficile d’accepter les pensées, les nouveautés ou les tendances des autres.
- Également, développer une acceptation du possible : j’essaye d’écouter, même si je ne comprends pas ou trouve quelque chose de bizarre. Mon objectif est de prendre conscience que « tout est possible ».
- Et pour finir, mais c’est la base, prendre soin de son physique et développer une bonne hygiène de vie. Comme je le disais, j’ai adopté une routine très stricte pour compenser la fatigue ressentie après 45 ans. Depuis que j’ai 30 ans, je prends soin de ma peau avec des massages Kobido en institut et/ou maison. J’ai appris l’automassage pour réduire les coûts des massages en institut qui sont parfois exorbitants. J’ai également compris l’importance de mon alimentation (j’ai réduit les farines blanches) et de mon activité physique. Le sport est très difficile pour moi, mais j’ai appris à marcher environ 10 000 pas / jour tous les jours, et j’adore ça.
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